PFU 31,4 % ou barème progressif : la simulation 2026

Fiscalité · PFU

PFU 31,4 % ou barème progressif : la simulation 2026

L'option pour le barème progressif IR au lieu du PFU 31,4 % peut être avantageuse — ou pénalisante. La méthode chiffrée 2026 pour décider selon vos revenus, vos dividendes et l'abattement 40 %.

Publié le 4 mai 2026Lecture 17 minCatégorie Fiscalité

Depuis 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 31,4 % en 2026 s'applique par défaut aux revenus du capital — dividendes, plus-values mobilières, intérêts. Mais l'option pour le barème progressif IR reste possible chaque année lors de la déclaration. Pour un dirigeant ou cadre supérieur, cette option peut générer une économie significative — ou un surcoût important. La décision se joue sur quelques paramètres précis. La méthode chiffrée 2026 pour décider en connaissance de cause.

Sommaire
  1. Rappel : PFU 31,4 % en 2026, mécanique de l'option
  2. L'abattement 40 % sur dividendes : levier-clé du barème
  3. La CSG déductible : avantage masqué du barème
  4. L'arbitrage selon TMI : seuils de bascule
  5. L'option est globale : impact sur tous les revenus du capital
  6. Simulation chiffrée selon profil
  7. Deux cas pratiques chiffrés
  8. Les erreurs à éviter
  9. Checklist de décision annuelle
  10. Conclusion : un calcul à conduire chaque mai

Rappel : PFU 31,4 % en 2026, mécanique de l'option

Composition du PFU 2026

Le PFU se décompose en deux blocs :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu forfaitaire.
  • 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) — taux relevé au 1ᵉʳ janvier 2026 (anciennement 17,2 %).

Total : 31,4 %. Ce taux unique s'applique sur la base imposable sans abattement.

Champ d'application

Le PFU s'applique par défaut aux revenus du capital :

  • Dividendes versés par les sociétés à l'IS (et assimilés).
  • Intérêts (livrets fiscalisés, comptes à terme, obligations en direct hors PEA).
  • Plus-values mobilières (cessions de titres hors enveloppes spécifiques type PEA, AV).
  • Plus-values de cession de cryptomonnaies.

L'option pour le barème

Le contribuable peut, lors de sa déclaration de revenus annuelle (case 2OP), opter pour le barème progressif IR. Cette option :

  • Est globale : elle s'applique à tous les revenus du capital de l'année (impossible d'opter au cas par cas).
  • Est annuelle : à recalculer et redécider chaque année.
  • Préserve les PS à 18,6 % : seule la part IR change (passage du forfaitaire 12,8 % au barème progressif).

L'abattement 40 % sur dividendes : levier-clé du barème

Le mécanisme

Lorsque l'option pour le barème est exercée, les dividendes éligibles bénéficient d'un abattement de 40 % avant intégration au revenu imposable. Cet abattement n'existe pas dans la voie PFU, ce qui est l'un des arguments forts du barème pour les hauts dividendes.

Le calcul concret

Pour 100 000 € de dividendes éligibles distribués à un président SASU :

  • Voie PFU : 100 000 × 31,4 % = 31 400 € d'impôt total.
  • Voie barème (TMI 30 %) : 100 000 × 60 % (après abattement) = 60 000 € imposables au barème, soit ~18 000 € d'IR. + PS 18,6 % sur les 100 000 € (les PS s'appliquent à la base avant abattement) = 18 600 €. Total : 36 600 €.
  • Voie barème (TMI 45 %) : 60 000 × 45 % = 27 000 € d'IR. + PS 18 600 €. Total : 45 600 €.

À TMI 30 %, le barème est défavorable (36 600 € vs 31 400 € PFU). À TMI 45 %, l'écart se creuse encore (45 600 € vs 31 400 €). Pour les hauts dividendes des dirigeants TMI 41-45 %, le PFU est presque toujours plus avantageux.

Les conditions d'éligibilité

L'abattement 40 % concerne uniquement les dividendes :

  • Versés par une société française à l'IS (ou société étrangère équivalente UE/EEE).
  • Bénéficiant d'une décision régulière d'AGE/AGOA (Assemblée).
  • Distribués au sein de l'enveloppe imposable (hors PEA, AV).

Les plus-values mobilières et les intérêts ne bénéficient pas d'abattement à 40 %. Pour ces revenus, le calcul du barème vs PFU se fait sans cet avantage.

La CSG déductible : avantage masqué du barème

Le principe

Lorsque l'option pour le barème est exercée, une fraction de la CSG payée sur les revenus du capital devient déductible du revenu imposable de l'année suivante. Précisément, 6,8 points de CSG sur les 18,6 points de PS deviennent déductibles.

L'effet chiffré

Sur 100 000 € de dividendes :

  • CSG payée : 18,6 % × 100 000 = 18 600 € (dont 6,8 points = 6 800 € déductibles l'année suivante).
  • Économie d'IR liée à cette déduction (TMI 45 %) : 6 800 × 45 % = 3 060 € de réduction d'IR l'année N+1.

Cette économie ne suffit pas à inverser l'arbitrage en TMI 45 % (l'écart PFU vs barème reste trop large), mais elle peut faire basculer la décision pour les TMI 30 % avec dividendes modérés.

L'effet cumulé sur plusieurs années

Pour un dirigeant qui distribue régulièrement des dividendes et opte pour le barème, l'avantage CSG déductible se cumule chaque année. Sur 10 ans, l'économie d'IR cumulée peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros — à condition que le profil reste favorable au barème.

L'arbitrage selon TMI : seuils de bascule

Pour les dividendes

L'arbitrage PFU vs barème pour les dividendes se résume ainsi :

  • TMI 0 % : barème nettement préférable (IR nul, seuls les PS 18,6 % restent dus → 18,6 % vs 31,4 % en PFU).
  • TMI 11 % : barème préférable (~24 % cumulé vs 31,4 % PFU).
  • TMI 30 % : barème souvent préférable selon volume des dividendes et CSG déductible (calcul à conduire au cas par cas).
  • TMI 41 % : seuil de bascule — le PFU devient généralement plus avantageux.
  • TMI 45 % : PFU clairement préférable. Avec le surcoût barème, l'écart dépasse 10-15 points.

Pour les plus-values mobilières

Sans abattement de 40 %, la bascule en faveur du barème est plus difficile :

  • TMI ≤ 11 % : barème préférable.
  • TMI 30 % : barème équivalent ou légèrement préférable.
  • TMI ≥ 41 % : PFU systématiquement préférable.

Pour les intérêts

Mécanique identique aux plus-values mobilières (pas d'abattement). Le PFU domine au-delà de TMI 30 %.

L'option est globale : impact sur tous les revenus du capital

L'option pour le barème est un choix global, indissociable. Elle s'applique à tous les revenus du capital de l'année.

Le piège du calcul partiel

Un dirigeant qui aurait intérêt au barème sur ses dividendes (TMI 30 %, abattement 40 %) mais qui aurait aussi des plus-values importantes (sans abattement) doit faire le calcul global. Si la perte sur les plus-values dépasse le gain sur les dividendes, l'option barème devient défavorable. Le calcul partiel sur les seuls dividendes est trompeur.

L'arbitrage du foyer

L'option vaut pour le foyer fiscal entier. Pour un couple où l'un a des dividendes et l'autre des plus-values, l'arbitrage doit considérer la combinaison des deux flux.

Le cas des revenus de l'AV après 8 ans

Les rachats d'AV après 8 ans bénéficient d'un régime spécifique (taux 7,5 % ou 12,8 % selon les versements + abattement annuel 4 600 / 9 200 €). L'option barème n'est généralement pas avantageuse sur l'AV — elle l'est principalement sur les dividendes purs.

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Simulation chiffrée selon profil

Pour rendre l'arbitrage tangible, simulons trois profils types avec 50 000 € de dividendes annuels.

50 000 € de dividendes — PFU vs barème selon TMI Hypothèse : dividendes éligibles à l'abattement 40 %, PS 18,6 % en 2026 A · TMI 30 % PFU : 15 700 € Barème : 9 000 € + 9 300 € Total barème : 18 300 € Avantage PFU : −2 600 € B · TMI 41 % PFU : 15 700 € Barème : 12 300 € + 9 300 € Total barème : 21 600 € Avantage PFU : −5 900 € C · TMI 45 % PFU : 15 700 € Barème : 13 500 € + 9 300 € Total barème : 22 800 € Avantage PFU : −7 100 €
Simulation pédagogique — sur 50 000 € de dividendes, le PFU est avantageux dès TMI 30 %, et l'écart se creuse fortement à TMI 41 % et 45 %. Hypothèses simplifiées hors CSG déductible et CEHR.

Lecture de la simulation

Pour la quasi-totalité des dirigeants à TMI ≥ 30 %, le PFU est plus avantageux. L'option barème conserve un intérêt pour des profils spécifiques : faibles revenus globaux (TMI 11 % ou 0 %), revenus du capital limités, présence de moins-values mobilières reportables qui peuvent être imputées en option barème.

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Deux cas pratiques chiffrés

Cas pratique nº 1 — Cadre supérieur en début de retraite

Aurore, 64 ans, ancienne directrice juridique — pension 32 000 €/an, dividendes 28 000 €

Aurore a pris sa retraite il y a 6 mois. Son revenu se compose : pension 32 000 € + dividendes d'une SCI familiale 28 000 €. TMI 30 %. Son conjoint est encore en activité (40 000 € de salaire). Foyer à TMI 30 %. Pas de plus-values mobilières cette année.

Sa problématique : déterminer si l'option barème est avantageuse pour les dividendes 2026.

PFU sur dividendes (28 000 €)8 792 €
Barème : 28 000 × 60 % = 16 800 € imposables5 040 €
Barème : PS 18,6 % sur 28 000 €5 208 €
Total barème année N10 248 €
Économie CSG déductible année N+1 (45 % × 1 904 €)−857 €
Coût barème net (en intégrant N+1)≈ 9 391 €
Avantage PFU (8 792 € vs 9 391 €)−599 €

Pour Aurore, malgré la TMI 30 % et l'abattement 40 %, le PFU reste légèrement plus avantageux (de 599 €) une fois la CSG déductible intégrée. La marge est étroite — un an avec moins de dividendes et plus de revenus salariaux pourrait inverser la décision. Le calcul doit être refait chaque année. Cette validation se calibre avec un cabinet partenaire d'Atelier Capital.

Cas pratique nº 2 — Dirigeant SASU à fort dividende

Sylvain, 49 ans, président SASU industrie — dividendes 130 000 €, plus-values cession titres 45 000 €

Sylvain a cédé une partie de ses participations dans une autre société (45 000 € de plus-values). Sa SASU principale a distribué 130 000 € de dividendes. Marié, deux enfants, TMI 45 % + CEHR 4 %. Revenus salariaux conjoint 95 000 €.

Sa problématique : valider que le PFU est bien plus avantageux compte tenu du cumul dividendes + plus-values.

PFU sur dividendes (130 k)40 820 €
PFU sur plus-values (45 k)14 130 €
Total PFU54 950 €
Barème dividendes (78 k abattus, TMI 45 %)35 100 €
Barème plus-values (45 k sans abattement, TMI 45 %)20 250 €
PS 18,6 % sur dividendes + plus-values (175 k)32 550 €
Total barème année N87 900 €
Avantage PFU (54 950 € vs 87 900 €)−32 950 €

Pour Sylvain, le PFU est massivement plus avantageux : 32 950 € d'économie. La plus-value sans abattement et la TMI 45 % rendent le barème prohibitif. La présence du conjoint avec ses propres revenus salariaux remonterait encore l'IR au barème. Cette validation se calibre avec un cabinet partenaire d'Atelier Capital — la simulation montre que la décision est nette, et qu'il convient de cocher la case 2OP uniquement en cas de calcul démontrant un avantage clair.

Les erreurs à éviter

Cocher la case 2OP par habitude

L'option barème, exercée chaque année par habitude, peut coûter plusieurs milliers d'euros si la situation est défavorable. Recalculer chaque année est indispensable.

Calculer uniquement sur les dividendes

Le calcul doit intégrer tous les revenus du capital de l'année (intérêts, plus-values, dividendes). Un calcul partiel sur les dividendes est trompeur.

Oublier la CSG déductible

L'avantage CSG déductible (l'année N+1) peut faire basculer un calcul serré en faveur du barème. À intégrer systématiquement.

Sous-estimer l'effet du quotient familial

Pour les familles avec parts fiscales élevées (couple + enfants), le quotient peut faire baisser la TMI réelle et rendre le barème plus attractif. À recalculer en intégrant les parts fiscales du foyer.

Confondre IR et impôt total

Le PFU à 31,4 % comprend les PS 18,6 %. Comparer aux 30 % du barème seul est trompeur — il faut ajouter les PS 18,6 % au calcul barème pour comparer correctement.

Checklist de décision annuelle

  1. Lister tous les revenus du capital de l'année (dividendes, intérêts, plus-values, crypto).
  2. Identifier les dividendes éligibles à l'abattement 40 % vs ceux qui ne le sont pas.
  3. Estimer la TMI consolidée du foyer (revenus globaux + parts fiscales).
  4. Calculer le PFU total (31,4 % × revenus du capital).
  5. Calculer le barème total (IR au taux marginal × revenus abattus + PS 18,6 % × revenus bruts).
  6. Intégrer la CSG déductible pour l'année N+1 si option barème.
  7. Vérifier l'éventuel impact CEHR au-delà de 250 k€ de revenu fiscal de référence.
  8. Comparer les totaux nets, en intégrant la projection N+1.
  9. Cocher la case 2OP uniquement si le barème est démontré avantageux.
  10. Solliciter un cabinet partenaire pour les profils complexes (cumul revenus, plus-values exceptionnelles).
À retenir — Le PFU domine pour les dirigeants TMI 41-45 %

Pour la majorité des dirigeants et cadres supérieurs, le PFU 31,4 % en 2026 est plus avantageux que le barème progressif. L'option barème reste pertinente pour des profils ciblés : foyers à TMI ≤ 30 % avec dividendes uniquement, présence de moins-values mobilières reportables, situations spécifiques de cumul de revenus. Le calcul est à conduire chaque année lors de la déclaration. Pour un patrimoine financier significatif et des revenus du capital récurrents, un échange annuel avec un expert partenaire d'Atelier Capital permet de valider l'arbitrage en intégrant tous les paramètres du foyer.

Conclusion : un calcul à conduire chaque mai

L'arbitrage PFU vs barème progressif n'est pas un choix définitif. C'est une décision annuelle qui se prend au moment de la déclaration de revenus, après calcul rigoureux intégrant l'ensemble des revenus du capital du foyer. Pour la quasi-totalité des dirigeants à TMI 41-45 %, le PFU 31,4 % est et reste le choix par défaut le plus avantageux.

La méthode tient en quatre temps : lister les revenus du capital de l'année, simuler PFU et barème en intégrant CSG déductible et PS, comparer les totaux nets, opter (ou non) en cochant la case 2OP. Les chiffres présentés sont à jour à la date de publication, mais les seuils et le PASS évoluent chaque année. Pour les profils complexes ou les revenus du capital significatifs, un échange avec un expert partenaire chaque mai au moment de la déclaration constitue la meilleure protection contre les choix sous-optimaux.

L'ESSENTIEL EN TROIS CHIFFRES 31,4 % le PFU 2026 sur les revenus du capital (12,8 % IR + 18,6 % PS) 40 % l'abattement sur dividendes au barème uniquement TMI 30 % le seuil au-delà duquel le PFU domine généralement
Trois repères-clés pour arbitrer PFU et barème en 2026.

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Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre pédagogique et ne constituent pas un conseil fiscal ou en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les simulations reposent sur des hypothèses simplifiées et ne garantissent aucun résultat. Consultez un cabinet partenaire d'Atelier Capital avant toute décision structurante. Données et taux en vigueur au moment de la publication (mai 2026).