Véhicule de société : achat, LOA, LLD, TVS
Achat, LOA, LLD : trois modes d'acquisition aux conséquences fiscales différentes. Plafonds CO₂, TVS, AN dirigeant : le guide chiffré 2026 pour calibrer le bon véhicule de société.
Le véhicule de société est l'un des avantages les plus utilisés par les dirigeants — et l'un des plus encadrés fiscalement. Trois modes d'acquisition (achat, LOA, LLD) aux conséquences fiscales différentes, des plafonds d'amortissement modulés selon les émissions de CO₂, une taxe spécifique (TVS), une évaluation d'avantage en nature pour le dirigeant : maîtriser ces paramètres conditionne le coût réel d'un véhicule de fonction. Le guide chiffré 2026.
- Les 3 modes d'acquisition : achat, LOA, LLD
- L'amortissement et ses plafonds CO₂
- La taxe sur les véhicules de société (TVS)
- La récupération de TVA
- L'avantage en nature pour le dirigeant
- Les incitations véhicule électrique
- Deux cas pratiques chiffrés
- Les erreurs à éviter
- Checklist de choix
- Conclusion : un calcul à conduire avant l'achat
Les 3 modes d'acquisition : achat, LOA, LLD
L'achat direct
La société achète le véhicule. Conséquences :
- Décaissement initial du prix d'achat (impact sur trésorerie).
- Inscription du véhicule à l'actif du bilan.
- Amortissement linéaire sur 4-5 ans (déductible dans la limite des plafonds CO₂).
- Charges courantes (assurance, entretien, carburant) déductibles.
- À la revente : plus ou moins-value calculée sur la valeur nette comptable.
La LOA (Location avec Option d'Achat)
La société loue le véhicule avec une option d'achat à la fin du contrat. Conséquences :
- Pas de décaissement initial important (sauf premier loyer majoré).
- Loyers mensuels déductibles (sous limites CO₂).
- Pas d'inscription du véhicule à l'actif tant que l'option n'est pas levée.
- À la fin : option d'achat levée (passage à l'actif au prix de levée) ou non.
- Souplesse : possibilité de rendre le véhicule sans obligation d'achat.
La LLD (Location Longue Durée)
La société loue le véhicule sans option d'achat. Conséquences :
- Pas de décaissement initial.
- Loyers mensuels intégralement déductibles (avec limite CO₂).
- Pas d'inscription à l'actif.
- Restitution obligatoire à la fin du contrat.
- Services inclus généralement (entretien, assurance, pneumatiques).
Quel mode choisir
Le choix dépend de plusieurs paramètres :
- Trésorerie : LOA et LLD préservent la trésorerie initiale.
- Durée d'utilisation : pour un usage > 5 ans, l'achat peut devenir plus économique.
- Évolution du parc : LLD permet de renouveler facilement (idéal pour suivre les évolutions techniques, notamment électriques).
- Coût comptable : la LLD inclut services, maintenance et assurance (visibilité du coût total).
L'amortissement et ses plafonds CO₂
Le plafond modulé selon le CO₂
Pour les véhicules de tourisme acquis à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, le plafond d'amortissement déductible varie selon les émissions :
- 30 000 € pour véhicule < 20 g CO₂/km (électrique).
- 20 300 € pour véhicule entre 20 et 49 g CO₂/km (hybride rechargeable).
- 18 300 € pour véhicule entre 50 et 165 g CO₂/km.
- 9 900 € pour véhicule au-delà de 165 g CO₂/km.
L'effet sur la déduction
Pour un véhicule à 50 000 € HT et 130 g CO₂ :
- Amortissement comptable annuel (5 ans) : 10 000 €.
- Plafond fiscal : 18 300 / 5 = 3 660 €/an.
- Réintégration extracomptable chaque année : 6 340 €.
- Économie d'IS limitée à 3 660 × 25 % = 915 € (au lieu de 2 500 € sans plafond).
L'application aux loyers LOA/LLD
Pour les véhicules en LOA ou LLD, le plafond s'applique également : la fraction des loyers correspondant à l'amortissement excédentaire doit être réintégrée. Cette fraction est calculée par le bailleur (qui la communique annuellement) ou estimée selon les barèmes officiels.
Le piège des SUV et véhicules haut de gamme
Un véhicule de 80 000 € à 200 g CO₂/km voit son amortissement déductible plafonné à 9 900 €/an seulement, soit ~12,4 % du coût d'achat. Le coût fiscal réel est nettement plus élevé que pour un véhicule classique. Un calcul préalable est indispensable.
La taxe sur les véhicules de société (TVS)
Les deux composantes 2026
Depuis 2022, l'ancienne TVS a été remplacée par deux taxes annuelles distinctes :
- Taxe annuelle sur les émissions de CO₂ : barème progressif selon les g CO₂/km.
- Taxe annuelle sur l'ancienneté du véhicule (anciennement « polluants atmosphériques ») : barème selon catégorie Crit'Air et année de mise en circulation.
Les exemptions
Les véhicules 100 % électriques sont totalement exonérés des deux taxes. Les véhicules hybrides bénéficient d'exonération temporaire (10 ans) sous conditions de CO₂.
L'enjeu pour le choix du véhicule
Pour un véhicule essence à 165 g CO₂, la TVS peut atteindre 1 500-2 500 €/an. Pour un véhicule électrique : 0 €. Sur 5 ans, l'écart cumulé représente plus de 10 000 €. C'est l'un des arguments économiques les plus forts en faveur du véhicule électrique de société.
La récupération de TVA
Sur le véhicule lui-même
La TVA sur l'achat d'un véhicule de tourisme n'est pas récupérable par la société (sauf exceptions très ciblées : auto-écoles, taxis, location de véhicules). Pour la quasi-totalité des dirigeants, la TVA reste un coût.
Sur le carburant
La récupération de TVA sur le carburant suit des règles spécifiques :
- Gazole : récupération 80 % (véhicule de tourisme), 100 % (utilitaire).
- Essence : récupération 80 % en 2026 (montée en puissance progressive).
- Électricité : récupération 100 %.
Sur l'entretien
La TVA sur l'entretien (révisions, pièces) suit le régime du véhicule : non récupérable pour les véhicules de tourisme classiques, récupérable pour les utilitaires.
Sur la LOA/LLD
La TVA sur les loyers de LOA et LLD suit également la règle du véhicule de tourisme : non récupérable. C'est pourquoi les coûts annoncés sont généralement TTC.
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Je m'inscrisL'avantage en nature pour le dirigeant
Le principe
Lorsque le véhicule est utilisé à des fins privées par le dirigeant (ce qui est presque toujours le cas), un avantage en nature doit être valorisé sur sa rémunération imposable. Voir l'article dédié sur les avantages en nature.
Évaluation forfaitaire 2026 — véhicule acheté
- 9 % du coût d'achat TTC si la société ne prend pas en charge le carburant.
- 12 % du coût d'achat TTC si la société prend en charge le carburant.
- (Pour un véhicule de plus de 5 ans, ces taux passent à 6 % et 9 %.)
Évaluation forfaitaire — véhicule en LOA/LLD
- 30 % du coût annuel TTC location + entretien + assurance, sans carburant.
- 40 % du coût annuel TTC avec carburant.
L'abattement véhicule électrique
Pour un véhicule électrique de fonction, un abattement de 50 % s'applique sur la valeur de l'AN, plafonné à 1 964,90 €/an (2026). Cumulé à l'exemption TVS et au plafond d'amortissement plus élevé (30 000 €), c'est une triple incitation fiscale.
Les incitations véhicule électrique
Cumul des avantages
Pour un véhicule 100 % électrique de société, plusieurs avantages se cumulent :
- Plafond d'amortissement à 30 000 € (vs 18 300 € classique).
- Exemption totale des deux taxes annuelles (CO₂ + ancienneté).
- Abattement 50 % sur l'AN du dirigeant (plafonné).
- Récupération TVA 100 % sur l'électricité de recharge.
- Bonus écologique éventuel (sous conditions).
L'équation économique
Pour un véhicule électrique à 50 000 € comparé à un thermique à 50 000 € (130 g CO₂), l'écart cumulé sur 5 ans peut dépasser 25 000 € en faveur de l'électrique :
- Économie TVS : ~10 000 € sur 5 ans.
- Économie d'IS sur amortissement supérieur : ~5 850 €.
- Économie sur AN dirigeant (charges + IR) : variable selon profil.
- Économie carburant (électricité vs essence) : ~5 000-8 000 €.
Les limites pratiques
L'autonomie réelle, le réseau de bornes et le coût du véhicule restent les freins principaux. Pour un dirigeant à usage majoritairement urbain ou avec déplacements modérés, l'électrique est généralement avantageux. Pour un dirigeant grand routier, les calculs doivent intégrer le temps perdu en recharges et la disponibilité du réseau sur les itinéraires.
Quel véhicule pour votre société ?
Atelier Capital vous met en relation avec un expert partenaire pour calibrer le choix optimal entre achat, LOA, LLD et motorisation.
Parler à un expert →Deux cas pratiques chiffrés
Adrien, 45 ans, président SAS conseil — budget 55 000 € HT
Adrien souhaite renouveler son véhicule de fonction. Budget 55 000 € HT. Choix entre un break essence à 130 g CO₂/km ou un break électrique équivalent. Usage 30 000 km/an, dont 10 000 privés. TMI 41 %. Société à l'IS 25 %.
Sa problématique : comparer le coût total sur 5 ans entre les deux véhicules.
Pour Adrien, l'électrique procure un avantage cumulé de près de 23 000 € sur 5 ans (économie d'IS + suppression TVS + AN allégé), avant même de compter l'économie carburant. Cette analyse multi-leviers se calibre avec un cabinet partenaire d'Atelier Capital, en lien avec son expert-comptable. À noter : la décision finale doit aussi intégrer l'autonomie nécessaire, le réseau de recharge disponible, et le profil d'usage.
Hugo, 51 ans, gérant SARL bâtiment — SUV thermique 175 g CO₂ à 60 000 € TTC
Hugo souhaite un SUV haut de gamme à 60 000 € TTC, 175 g CO₂/km. Trois options à arbitrer : achat, LOA 60 mois, LLD 48 mois. Usage 25 000 km/an mixte. TMI 45 %. Société à l'IS 25 %.
Sa problématique : choisir le mode d'acquisition optimal compte tenu du plafond CO₂ pénalisant et du coût d'opportunité de l'achat.
Pour Hugo, le SUV thermique haut de gamme expose à des plafonds d'amortissement très restrictifs. La LLD apparaît légèrement plus avantageuse en cash-flow (préservation trésorerie + visibilité du coût total) que l'achat sur 5 ans. Mais le calcul global doit aussi intégrer la valeur résiduelle (en cas d'achat) et la flexibilité de renouvellement (en LLD). Une analyse alternative : passer à un véhicule électrique haut de gamme aurait procuré un avantage fiscal cumulé d'environ 25 000 € sur 5 ans. Cette structuration multi-leviers se calibre avec un spécialiste sélectionné par Atelier Capital, en lien avec son expert-comptable.
Les erreurs à éviter
Choisir un SUV haut de gamme thermique
Au-delà de 165 g CO₂/km, le plafond d'amortissement chute à 9 900 € total. La société paye plein pot un véhicule dont elle ne peut déduire que 16 % du coût en 5 ans. Combiné à la TVS élevée, le coût fiscal devient prohibitif.
Ignorer la TVS
La TVS représente 1 500-3 000 €/an pour un véhicule thermique standard. Sur 5 ans, c'est 7 500-15 000 € qui s'ajoutent au coût brut. À intégrer dans le calcul comparatif initial.
Sous-valoriser l'AN
Tout véhicule utilisé à titre privé par le dirigeant donne lieu à un AN. L'absence de valorisation expose à un redressement URSSAF. Les véhicules dits « 100 % professionnels » sont rares et exigent une justification stricte (kilométrage privé nul).
Oublier l'écart entre comptable et fiscal
Un véhicule peut être amorti comptablement sur 5 ans pour 50 000 €, mais fiscalement plafonné à 18 300 €. La différence (31 700 €) doit être réintégrée extracomptablement. Sans cela, redressement systématique en cas de contrôle.
Ne pas anticiper la fin de vie
À la revente d'un véhicule acheté ou à la levée d'option en LOA, une plus ou moins-value se cristallise. L'effet fiscal doit être anticipé pour ne pas avoir de mauvaise surprise.
Checklist de choix
- Définir l'usage (kilométrage annuel, professionnel/privé, type de trajet).
- Calculer le plafond d'amortissement selon CO₂.
- Estimer la TVS annuelle du véhicule envisagé.
- Évaluer l'AN dirigeant en mode forfaitaire et au réel.
- Comparer achat / LOA / LLD sur la durée d'utilisation prévue.
- Intégrer l'option électrique au calcul comparatif.
- Évaluer le réseau de recharge si véhicule électrique envisagé.
- Anticiper la valeur résiduelle (achat, LOA).
- Documenter l'usage professionnel pour sécuriser les déductions.
- Solliciter un cabinet partenaire pour les choix de véhicules > 40 000 €.
Pour un véhicule de société à budget équivalent, le choix d'une motorisation électrique cumule plusieurs avantages fiscaux : plafond d'amortissement à 30 000 € (vs 18 300 € classique ou 9 900 € au-delà de 165 g CO₂), exemption totale des taxes annuelles, abattement 50 % sur l'AN du dirigeant. Sur 5 ans, l'écart cumulé peut dépasser 20 000 € en faveur de l'électrique. Pour un dirigeant qui renouvelle son véhicule, c'est l'arbitrage le plus rentable du moment, à condition que l'usage le permette. Pour les véhicules thermiques au-delà de 165 g CO₂, le coût fiscal devient prohibitif — à éviter sauf justification professionnelle solide.
Conclusion : un calcul à conduire avant l'achat
Le véhicule de société n'est pas une décision à prendre dans l'urgence. Plafond d'amortissement, TVS, AN, mode d'acquisition (achat, LOA, LLD), motorisation : chaque paramètre influe sur le coût net total. Un véhicule mal choisi peut coûter à la société 20 à 30 % de plus qu'un véhicule équivalent bien calibré.
La méthode tient en trois temps : simuler le coût net total sur la durée d'utilisation prévue pour différents véhicules et modes, privilégier les motorisations à faibles émissions pour bénéficier des plafonds plus élevés et des exemptions TVS, sécuriser la documentation de l'usage professionnel. Pour un investissement véhicule supérieur à 40 000 €, un échange préalable avec un expert partenaire en lien avec l'expert-comptable constitue la meilleure protection contre les choix sous-optimaux.
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Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre pédagogique et ne constituent pas un conseil fiscal ou en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les barèmes TVS et plafonds CO₂ sont indicatifs — vérifier les valeurs en vigueur. Consultez un cabinet partenaire d'Atelier Capital et votre expert-comptable avant toute décision structurante. Données et taux en vigueur au moment de la publication (mai 2026).
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