PFU 31,4% ou barème progressif : simulation selon revenus

Fiscalité · Arbitrage

PFU 31,4 % ou barème progressif : la simulation selon vos revenus

Depuis le 1er janvier 2026, le PFU passe à 31,4 %. L'option pour le barème reste possible, mais l'arbitrage a changé. Calculs précis, point de bascule par TMI et cas pratiques pour décider en connaissance de cause.

Publié le 30 avril 2026Lecture 18 minCatégorie Fiscalité

Sur 10 000 € de dividendes bruts, le choix entre flat tax et barème progressif fait varier votre net final de plus de 1 800 € selon votre tranche marginale. Depuis le passage du PFU à 31,4 % au 1er janvier 2026, l'arbitrage s'est légèrement déplacé en faveur du barème pour les TMI les plus basses, sans bouleverser la logique pour les hauts revenus. Ce guide reprend la mécanique exacte des deux régimes, les points de bascule chiffrés selon la nature de vos revenus, et deux cas pratiques pour fixer la méthode.

Sommaire
  1. Le PFU à 31,4 % en 2026 : ce que la hausse change vraiment
  2. Anatomie du PFU : 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux
  3. Le barème progressif sur option : abattement, CSG déductible, case 2OP
  4. Tableau comparatif : 10 000 € de dividendes selon votre TMI
  5. Le point de bascule mathématique selon la nature du revenu
  6. Le piège de la globalité : l'option engage l'ensemble de vos revenus
  7. Ce qui reste à 30 % et ce qui sort du PFU
  8. Cas pratique nº 1 — Marc, retraité TMI 11 %
  9. Cas pratique nº 2 — Sophie, dirigeante TMI 45 %
  10. Cinq erreurs qui coûtent plus cher que la bonne option
  11. Checklist avant de cocher la case 2OP
  12. Conclusion : simuler, pas deviner

Le PFU à 31,4 % en 2026 : ce que la hausse change vraiment

Le Prélèvement Forfaitaire Unique — PFU, ou « flat tax » dans son appellation courante — est le régime d'imposition par défaut des revenus du capital depuis 2018. Jusqu'au 31 décembre 2025, son taux était de 30 %. Depuis le 1er janvier 2026, il est passé à 31,4 % pour la majorité des revenus mobiliers.

La hausse provient exclusivement de la composante sociale du prélèvement. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG (Contribution Sociale Généralisée) de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du patrimoine et de placement. Mécaniquement, les prélèvements sociaux (PS) globaux passent de 17,2 % à 18,6 %. La part « impôt sur le revenu » du PFU, elle, reste inchangée à 12,8 %.

L'enjeu de cette évolution n'est pas anecdotique. Sur 100 000 € de dividendes versés en 2026, le surcoût lié à la hausse représente 1 400 € de prélèvements supplémentaires. Pour un investisseur qui perçoit ce flux chaque année, le manque à gagner cumulé sur dix ans dépasse 14 000 € — sans compter l'effet d'opportunité sur le réinvestissement.

L'option pour le barème progressif, elle, n'a pas changé de nature : elle reste accessible chaque année par la coche de la case 2OP sur la déclaration de revenus. Mais sa rentabilité relative s'est légèrement modifiée. À taux marginal d'imposition (TMI) inférieur à 30 %, le différentiel entre les deux régimes s'est resserré, ouvrant la porte à un arbitrage qui méritait peu d'attention auparavant. Au-delà, la flat tax demeure structurellement gagnante.

Anatomie du PFU : 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux

Comprendre la mécanique du PFU est un préalable à toute simulation. Le taux global de 31,4 % se décompose en deux briques distinctes, dont la fiscalité administrative diffère.

La composante impôt sur le revenu : 12,8 %

Cette part est prélevée à la source au moment du versement du revenu (dividende, intérêt). L'établissement payeur — banque, courtier, société distributrice — opère ce prélèvement et le reverse au Trésor public. Au moment de la déclaration, ce prélèvement est régularisé en fonction de l'option exercée par le contribuable. S'il choisit le PFU (option par défaut), il est libératoire. S'il choisit le barème progressif, il devient un acompte d'impôt qui se réimpute sur l'IR final.

Une dispense de cet acompte de 12,8 % est accessible aux contribuables dont le revenu fiscal de référence (RFR) de l'avant-dernière année reste sous certains seuils : 50 000 € pour une personne seule, 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune. La dispense ne supprime pas l'impôt, elle évite simplement le prélèvement à la source — l'imposition définitive est calculée à la déclaration.

La composante prélèvements sociaux : 18,6 %

Les prélèvements sociaux à 18,6 % se décomposent eux-mêmes en trois lignes : la CSG à 10,6 %, la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) à 0,5 %, et le prélèvement de solidarité à 7,5 %. Cette part est due dans tous les cas, que vous optiez pour le PFU ou pour le barème. Elle est également prélevée à la source.

Point structurant : la CSG payée n'est déductible du revenu imposable qu'en cas d'option pour le barème progressif, à hauteur de 6,8 points sur les 10,6 %. Sous le régime PFU, cette déductibilité n'existe pas — c'est un des leviers techniques que mobilise l'option barème pour devenir compétitive aux TMI les plus faibles.

Le barème progressif sur option : abattement, CSG déductible, case 2OP

L'option pour le barème progressif ne s'exerce pas par défaut. Elle suppose une démarche active du contribuable : cocher la case 2OP de la déclaration de revenus pour l'année concernée. Cette option modifie alors le traitement fiscal de l'ensemble des revenus du capital de l'année.

L'abattement de 40 % sur les dividendes

Le mécanisme central de l'option barème, c'est l'abattement de 40 % qui s'applique aux dividendes (et assimilés : produits de parts sociales, distributions de SARL, etc.). L'assiette imposée à l'IR n'est plus que de 60 % du dividende brut. Cet abattement vise à compenser, partiellement, la double imposition économique des dividendes — d'abord taxés au niveau de la société (IS), puis au niveau de l'associé.

Cet abattement ne s'applique qu'aux dividendes. Les intérêts, les plus-values mobilières et les autres revenus de capitaux mobiliers (RCM) sont imposés au barème sur leur montant brut, sans réfaction. C'est une distinction décisive : un foyer dont les revenus du capital sont majoritairement des intérêts ou des plus-values aura mathématiquement plus de mal à rentabiliser l'option barème.

La CSG déductible à 6,8 %

Sur option barème, 6,8 points de CSG (sur les 10,6 % du taux global) deviennent déductibles du revenu global imposable de l'année suivante. Pour un contribuable à TMI 30 %, cette déductibilité représente une économie d'IR équivalente à 6,8 % × 30 % = 2,04 % du revenu brut. Modeste, mais cumulée à l'abattement de 40 % sur les dividendes, elle peut faire pencher la balance.

L'irrévocabilité… qui ne l'est plus

Avant la loi de finances 2026, l'option pour le barème exercée sur la déclaration de revenus était irrévocable pour l'année. Le « droit à l'erreur » permettait toutefois de revenir sur le choix par déclaration rectificative. La loi de finances 2026 a assoupli ce cadre : l'option reste globale pour l'année (elle s'applique à tous les RCM), mais sa modification est désormais facilitée. Le pragmatisme veut tout de même qu'on simule avant de cocher — pour ne pas avoir à corriger.

Tableau comparatif : 10 000 € de dividendes selon votre TMI

Le tableau qui suit illustre l'écart d'impôt entre PFU et barème progressif sur 10 000 € de dividendes bruts, pour un foyer dont c'est la seule catégorie de revenu du capital. Il est calibré aux taux 2026 (PFU 31,4 %, PS 18,6 %, abattement dividendes 40 %, CSG déductible 6,8 % avec option barème).

TMI du foyerImpôt PFUImpôt barèmeRégime gagnantÉconomie réalisée
0 %3 140 €1 860 €Barème+ 1 280 €
11 %3 140 €2 445 €Barème+ 695 €
30 %3 140 €3 456 €PFU+ 316 €
41 %3 140 €4 041 €PFU+ 901 €
45 %3 140 €4 254 €PFU+ 1 114 €
Calcul détaillé pour 10 000 € de dividendes bruts uniquement. Les chiffres incluent l'IR, les PS à 18,6 % et, pour le barème, l'économie liée à la CSG déductible. La CEHR (3 % ou 4 % au-delà de certains seuils) n'est pas intégrée.

Trois enseignements émergent. D'abord, l'écart le plus significatif s'observe aux extrêmes : un foyer à TMI 0 % gagne 1 280 € à opter pour le barème, un foyer à TMI 45 % en perd 1 114 € à faire le même choix. Ensuite, la frontière de bascule passe quelque part entre TMI 11 % et TMI 30 %. Enfin, ce tableau ne vaut que pour des dividendes purs — la photographie change quand les revenus se mélangent.

À retenir — Le tableau ne suffit pas

Ces chiffres décrivent un cas isolé de dividendes. Dès lors que vous percevez aussi des intérêts, des plus-values mobilières ou des revenus de fonds, l'arbitrage devient global et les conclusions changent. La section suivante éclaire ce point sensible.

Le point de bascule mathématique selon la nature du revenu

L'expression « point de bascule » désigne le TMI auquel l'option barème devient strictement équivalente au PFU. En dessous, le barème gagne ; au-dessus, le PFU gagne. Mais ce point n'est pas unique : il dépend de la nature du revenu considéré.

Pour les dividendes : 24,06 %

Avec un abattement de 40 % et une CSG déductible de 6,8 %, l'égalité PFU = barème se réalise quand TMI × (60 % − 6,8 %) + 18,6 % = 31,4 %, soit TMI = 12,8 % / 53,2 % ≈ 24,06 %. Concrètement : tout foyer dont le TMI est strictement inférieur à 24 % a intérêt à opter pour le barème sur ses dividendes, à condition de n'avoir que des dividendes parmi ses revenus du capital. La tranche à 11 % bascule donc favorablement, la tranche à 30 % non.

Pour les intérêts et plus-values mobilières : 13,73 %

Sans abattement de 40 %, la formule devient TMI × (1 − 6,8 %) + 18,6 % = 31,4 %, soit TMI = 12,8 % / 93,2 % ≈ 13,73 %. Le seuil descend nettement : seul un foyer à TMI 11 % (et 0 %) trouve un avantage à opter pour le barème sur des intérêts ou des plus-values. Au-delà, le PFU est strictement plus efficient.

Pour un mix : la décision se calcule au cas par cas

La plupart des contribuables perçoivent un mélange : intérêts de comptes à terme, dividendes d'actions, plus-values de cession d'OPCVM. Comme l'option barème est globale (elle s'applique à tous les RCM de l'année), il faut faire le calcul de l'impôt total dans les deux scénarios pour déterminer le gagnant. Plus la part des intérêts et plus-values pèse lourd dans le mix, plus le seuil global se rapproche de 13,73 % — c'est-à-dire en faveur du PFU.

Points de bascule par nature de revenu — flat tax 2026TMI seuil au-dessus duquel le PFU 31,4 % devient gagnantDIVIDENDES24 %point de bascule TMIAbattement 40 %CSG déductible 6,8 %Barème si TMI < 24 %INTERETS & PV14 %point de bascule TMIPas d'abattementCSG déductible 6,8 %Barème si TMI < 14 %MIX REVENUSà simulercas par casOption barème globaleCalcul agrégé requisSimulation indispensable
Seuils théoriques calculés aux taux 2026 — PFU 31,4 %, PS 18,6 %, CSG déductible 6,8 %. Les chiffres ne tiennent pas compte de la CEHR ni des effets de quotient familial.
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Le piège de la globalité : l'option engage l'ensemble de vos revenus

C'est le point le plus mal compris du dispositif, et celui qui produit le plus d'erreurs déclaratives. L'option pour le barème progressif est globale et indivisible : elle s'applique à l'intégralité des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières du foyer pour l'année concernée. Vous ne pouvez pas choisir le barème pour vos dividendes et le PFU pour vos plus-values.

Conséquence pratique : un contribuable à TMI 11 % qui perçoit 5 000 € de dividendes (favorables au barème) et qui réalise simultanément 30 000 € de plus-values mobilières (défavorables au barème en l'absence d'abattement de durée de détention) doit faire le calcul global. Souvent, le poids des plus-values fait pencher la décision vers le PFU, malgré l'avantage des dividendes pris isolément.

Le réflexe à acquérir : agréger avant de décider

Avant de cocher la case 2OP, l'investisseur expérimenté agrège l'ensemble de ses RCM et plus-values de l'année, calcule l'impôt total dans les deux scénarios (PFU global vs barème global), et compare les nets. Cette discipline évite de céder à l'intuition — souvent fausse quand les revenus se mélangent.

Le cas particulier des plus-values pré-2018

Les plus-values mobilières issues de cessions de titres acquis avant le 1er janvier 2018 ouvrent droit, sur option barème, à un abattement pour durée de détention : 50 % entre 2 et 8 ans, 65 % au-delà de 8 ans (régime de droit commun). Cette spécificité peut basculer l'arbitrage en faveur du barème, même à TMI élevée, pour les détenteurs de portefeuilles anciens. Une simulation s'impose au cas par cas.

Ce qui reste à 30 % et ce qui sort du PFU

La hausse de la flat tax à 31,4 % n'a pas frappé tous les revenus du capital. Plusieurs catégories conservent un traitement à 30 %, voire échappent intégralement au PFU. Cartographier ces exceptions est utile pour calibrer une allocation patrimoniale.

L'assurance-vie : maintenue à 30 %

Le législateur a explicitement exclu l'assurance-vie de la hausse de CSG. Les rachats restent soumis à un PFU global de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de PS), avec après 8 ans de détention un taux d'IR réduit à 7,5 % sur les premiers 150 000 € de versements (par contrat ou tous contrats confondus selon la situation), assorti d'un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple). Cette protection renforce la prime fiscale comparative de l'enveloppe par rapport au compte-titres ordinaire (CTO).

Les revenus fonciers et plus-values immobilières : régime distinct

Les revenus fonciers (location nue, revenus de SCPI en détention directe) ne relèvent pas du PFU. Ils sont imposés au barème progressif, plus les PS à 17,2 % (les revenus immobiliers ne sont pas concernés par la hausse de CSG). De même, les plus-values immobilières restent à 17,2 % de PS (et au taux IR fixe de 19 %, hors abattements pour durée de détention).

Les enveloppes défiscalisées : exonérées d'IR

Le PEA après 5 ans, les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune), le PER en sortie en rente : autant de dispositifs qui contournent partiellement ou totalement le PFU. Le PEA, en particulier, supporte les PS à 18,6 % (la hausse l'a rattrapé) mais reste exonéré d'IR — un avantage qui s'apprécie d'autant plus que la flat tax monte.

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Cas pratique nº 1 — Marc, retraité TMI 11 %

Les principes précédents prennent leur sens appliqués à des situations concrètes. Voici deux profils représentatifs des arbitrages que nous voyons en pratique.

Cas pratique nº 1 — Foyer modeste, dividendes purs

Marc, 67 ans, retraité actif — pension nette 24 000 €/an + portefeuille d'actions

Marc est marié, enfants émancipés. Sa pension annuelle nette s'établit à 24 000 €, complétée par celle de son épouse à 22 000 €. Le foyer est imposé dans la tranche à 11 %. Il détient un portefeuille d'actions logé sur un compte-titres ordinaire (le PEA arrive à saturation), qui lui distribue 6 000 € de dividendes bruts en 2026. Aucune plus-value de cession sur l'année, aucun intérêt taxable.

Marc reçoit la note de son courtier : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS ont été prélevés à la source, soit 1 884 € retenus sur ses 6 000 € de dividendes. Au moment de déclarer, il s'interroge : doit-il cocher la case 2OP pour passer au barème progressif ?

Dividendes bruts 20266 000 €
Impôt PFU (31,4 %)1 884 €
Impôt barème (TMI 11 %, abattement 40 %)1 467 €
Détail barème — IR sur 60 % × 6 000 €396 €
Détail barème — PS 18,6 %1 116 €
Détail barème — économie CSG déductible (6,8 % × 11 %)− 45 €
Économie réalisée par l'option barème+ 417 €

Pour Marc, l'option barème lui fait économiser 417 € sur l'année. Cette économie n'est pas spectaculaire, mais elle est réelle — et elle se reproduit chaque année tant que la TMI du foyer reste à 11 % et que les dividendes restent l'unique source de RCM. Sur dix ans, le gain cumulé représente plus de 4 000 € d'impôt évité.

Le réflexe à observer : Marc ne devra jamais cocher la case 2OP les années où il réalise une plus-value mobilière significative sur son CTO. Cette plus-value, taxée au barème sans abattement, ferait basculer le calcul global en faveur du PFU, annulant le gain sur les dividendes — voire le retournant en perte.

Cas pratique nº 2 — Sophie, dirigeante TMI 45 %

Cas pratique nº 2 — Hauts revenus, mix de RCM

Sophie, 51 ans, présidente d'une SAS de conseil — TMI 45 %, portefeuille diversifié

Sophie dirige une SAS à l'IS et perçoit en 2026 plusieurs sources de revenus du capital : 30 000 € de dividendes versés par ses participations, 25 000 € de plus-values nettes sur cession d'OPCVM logés sur un CTO, et 5 000 € d'intérêts perçus sur un compte à terme personnel. Elle est imposée dans la tranche marginale à 45 %, sans CEHR sur l'année concernée. Son cabinet partenaire lui suggère d'examiner l'option barème — sait-on jamais.

Le calcul agrégé éclaire immédiatement la décision. L'option barème, ici, serait coûteuse.

Total RCM & plus-values 202660 000 €
Impôt PFU global (31,4 %)18 840 €
IR barème — dividendes (60 % × 30 000 × 45 %)8 100 €
IR barème — plus-values (25 000 × 45 %)11 250 €
IR barème — intérêts (5 000 × 45 %)2 250 €
PS 18,6 % sur 60 000 €11 160 €
Économie CSG déductible (6,8 % × 60 000 × 45 %)− 1 836 €
Total impôt sur option barème30 924 €
Surcoût de l'option barème vs PFU+ 12 084 €

Sur ce cas, le PFU économise plus de 12 000 € à Sophie. La logique est claire : à TMI 45 %, l'IR au barème (45 %) dépasse largement l'IR forfaitaire (12,8 %), et l'abattement de 40 % sur les dividendes ne compense que partiellement la marche. L'option barème serait une faute fiscale.

Cas Sophie — impôt total selon l'option fiscale60 000 € de RCM mixtes — TMI 45 % — taux 2026A · OPTION PFU 31,4 %Base imposée : 60 000 €Taux global : 31,4 %Impôt total :18 840 €B · OPTION BAREMEIR (45 %) : 21 600 €PS 18,6 % : 11 160 €Éco. CSG ded. : − 1 836 €Impôt total :30 924 €
Illustration pédagogique. Hypothèses : 30 000 € dividendes, 25 000 € plus-values mobilières, 5 000 € intérêts. Hors CEHR et hors abattements pour durée de détention sur titres pré-2018.

Ce cas illustre une réalité simple : à TMI élevée et sur un mix classique de revenus du capital, le PFU est presque toujours gagnant. L'optimisation patrimoniale d'un dirigeant ne se joue pas à ce niveau — elle se joue plus en amont, dans la structuration (holding, régime mère-fille, contrat de capitalisation en société, arbitrage salaire/dividende). C'est typiquement le terrain où l'accompagnement par un cabinet partenaire spécialisé apporte le plus de valeur, bien au-delà du simple choix d'une case sur la déclaration.

Cinq erreurs qui coûtent plus cher que la bonne option

Dans les dossiers que nous accompagnons, certaines erreurs reviennent avec régularité. Elles ne traduisent pas une mauvaise foi — elles viennent souvent d'un raisonnement approximatif sur un dispositif qui exige de la rigueur.

Cocher 2OP par réflexe parce que « le barème, c'est mieux »

L'idée reçue selon laquelle « plus on est imposé fortement, plus l'option barème compense » est une erreur structurelle. C'est exactement l'inverse : plus la TMI est élevée, plus l'IR du barème dépasse l'IR forfaitaire de 12,8 %. L'option barème ne « compense » rien — elle expose à l'IR plein.

Oublier la globalité de l'option

Cocher 2OP pour bénéficier de l'abattement de 40 % sur des dividendes en oubliant qu'on a réalisé 40 000 € de plus-values mobilières la même année produit mécaniquement une surtaxation. Le calcul global, toujours.

Confondre « PS déductibles » et « CSG déductible »

Seule la CSG (et seulement 6,8 points sur les 10,6 %) est déductible — pas l'ensemble des PS. Un raisonnement bâti sur une déductibilité de 18,6 % aboutit à des conclusions fausses, généralement trop favorables au barème.

Ignorer la dispense d'acompte de 12,8 %

Pour les foyers modestes (RFR < 50 000 € seul / 75 000 € couple), la dispense d'acompte est un levier de trésorerie : elle évite le prélèvement de 12,8 % à la source. Combinée à l'option barème, elle aboutit à un foyer qui ne paie effectivement que les PS à 18,6 % en cours d'année, l'IR (faible) étant calculé à la déclaration.

Ne pas simuler chaque année

L'arbitrage PFU / barème n'est pas une décision permanente. Le mix de revenus change d'une année sur l'autre — vente d'actions, perception exceptionnelle de dividendes, baisse des intérêts encaissés. Refaire la simulation chaque exercice est la seule discipline qui sécurise le bon choix.

Checklist avant de cocher la case 2OP

Avant de basculer en option barème — ou de la refuser — un investisseur méthodique passe en revue ces dix points. Ils constituent le minimum de diligence fiscale.

  1. Cartographier la TMI réelle du foyer en intégrant le quotient familial et la CEHR éventuelle.
  2. Lister exhaustivement les RCM et plus-values mobilières de l'année (dividendes, intérêts, plus-values, sortie partielle de PER, etc.).
  3. Distinguer les revenus à abattement (dividendes : 40 %) des autres (intérêts, plus-values sans durée de détention pré-2018).
  4. Calculer l'impôt PFU global = somme des RCM × 31,4 %.
  5. Calculer l'impôt barème global en intégrant l'abattement dividendes, l'IR au TMI marginal et l'économie liée à la CSG déductible 6,8 %.
  6. Comparer les deux totaux et identifier le scénario gagnant — sans oublier que l'option est globale.
  7. Vérifier la situation des plus-values pré-2018 qui peuvent ouvrir droit à des abattements de durée de détention en cas d'option barème.
  8. Évaluer la dispense d'acompte 12,8 % si le RFR du foyer est sous les seuils — démarche annuelle auprès de l'établissement payeur (avant le 30 novembre N-1).
  9. Prendre en compte l'effet de seuil sur la TMI : un revenu supplémentaire intégré au barème peut faire basculer dans la tranche supérieure.
  10. Documenter par écrit le calcul et l'option retenue — pour pouvoir réévaluer les années suivantes sur les mêmes bases.
À retenir — L'arbitrage est annuel, jamais définitif

Le bon choix une année donnée n'est pas le bon choix l'année suivante. Une cession d'actions, une distribution exceptionnelle, une variation de revenu professionnel : autant d'événements qui peuvent renverser le calcul. La discipline de simulation annuelle est plus précieuse que n'importe quelle règle générale. Pour un patrimoine impliquant des structures sociétaires, des plus-values complexes ou un projet de cession, l'appui d'un expert partenaire sécurise le calibrage et révèle souvent des leviers que la lecture solo ne capte pas.

Conclusion : simuler, pas deviner

Le débat « PFU ou barème » se résume rarement à une bonne réponse universelle. Il dépend du TMI exact du foyer, de la nature précise de chaque revenu du capital perçu dans l'année, et de la composition du mix entre dividendes, intérêts et plus-values. La hausse du PFU à 31,4 % en 2026 n'a pas changé cette logique — elle a simplement déplacé le point de bascule d'un cran, en faveur du barème pour les TMI les plus modestes.

Pour un foyer à TMI 30 % ou plus, le PFU reste statistiquement gagnant sur la plupart des configurations. Pour un foyer à TMI 0 % ou 11 %, l'option barème mérite un calcul systématique — surtout sur les dividendes purs. Entre les deux, la simulation est obligatoire.

L'erreur la plus coûteuse n'est pas de se tromper de case sur une année donnée — elle est de figer une habitude. Le foyer qui coche 2OP « par principe » année après année se prive d'optimiser le moment où sa configuration de revenus bascule. Inversement, le foyer qui choisit le PFU « pour ne pas réfléchir » laisse parfois plusieurs centaines d'euros sur la table.

Au-delà du simple arbitrage 2OP, la véritable optimisation fiscale d'un patrimoine se joue sur des leviers structurants : choix d'enveloppes (PEA, assurance-vie, PER), arbitrage salaire/dividende pour un dirigeant, structuration en holding, calibrage du contrat de capitalisation en société. Sur ces sujets, la lecture isolée d'un article ne remplace jamais l'examen détaillé d'une situation réelle. Atelier Capital vous met en relation avec un cabinet partenaire spécialisé pour bâtir cette stratégie sur mesure.

L'ESSENTIEL EN TROIS CHIFFRES31,4 %le PFU 2026 par défautsur les revenus du capital24 %le TMI seuil au-delàduquel le PFU gagne2OPla case à cocher chaqueannée pour le barème
Trois repères clés pour arbitrer entre flat tax et barème progressif en 2026.

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Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre pédagogique et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé, une recommandation d'investissement ou une incitation à exercer une option déclarative. Les simulations reposent sur des hypothèses simplifiées (taux 2026, hors CEHR, hors abattements pour durée de détention sur titres pré-2018, hors quotient familial spécifique) et ne garantissent aucun résultat. Avant toute option fiscale structurante, un échange avec un conseiller spécialisé est recommandé. Données et taux en vigueur au moment de la publication (avril 2026).