SASU, EURL ou micro : quel statut freelance

Structure · Indépendant

SASU, EURL ou micro : quel statut freelance

Pour un freelance ou un consultant, trois options s'offrent : SASU, EURL, micro-entreprise. Chacune avec sa logique fiscale et sociale. Le comparatif chiffré 2026.

Publié le 4 mai 2026Lecture 19 minCatégorie Structure

Pour un freelance, un consultant ou un indépendant en démarrage d'activité, trois statuts juridiques s'offrent : la micro-entreprise, l'EURL et la SASU. Chacun obéit à une logique fiscale, sociale et opérationnelle propre. La micro séduit par sa simplicité mais plafonne à 77 700 € de chiffre d'affaires. L'EURL place le dirigeant sous statut TNS avec accès au Madelin. La SASU place le président sous régime général avec une protection sociale plus complète mais des cotisations plus lourdes. Le comparatif chiffré 2026 pour orienter le choix selon profil et trajectoire.

Sommaire
  1. La micro-entreprise : simplicité plafonnée
  2. L'EURL : TNS et souplesse fiscale
  3. La SASU : assimilé salarié et liberté statutaire
  4. Le comparatif des cotisations
  5. Le comparatif fiscal
  6. Les seuils et l'évolution
  7. Deux cas pratiques chiffrés
  8. Les erreurs à éviter
  9. Conclusion : trois logiques distinctes

La micro-entreprise : simplicité plafonnée

Le principe

La micro-entreprise est un régime fiscal simplifié pour entrepreneurs individuels :

  • Calcul des cotisations et impôt sur la base du chiffre d'affaires (et non du bénéfice).
  • Forfait : 12,3 % de cotisations sociales sur CA pour BIC vente, 21,2 % pour BNC services.
  • Versement libératoire IR optionnel : 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du CA selon nature.

Les plafonds 2026

  • Activités commerciales (BIC vente) : 188 700 €.
  • Prestations de services et professions libérales (BNC) : 77 700 €.
  • Franchise de TVA : 36 800 € (services) ou 91 900 € (vente).

Les avantages

  • Simplicité administrative et comptable maximale.
  • Pas de bilan, pas de TVA jusqu'au seuil.
  • Cotisations proportionnelles au CA (zéro CA = zéro cotisation).
  • Création gratuite et instantanée.

Les limites

  • Aucune déduction de frais professionnels (loyer, matériel, déplacements).
  • Plafonds bloquant pour activités à fort revenu.
  • Couverture sociale limitée (TNS).
  • Image moins professionnelle pour grands clients.

L'EURL : TNS et souplesse fiscale

Le principe

L'EURL est une SARL à associé unique :

  • Patrimoine séparé (responsabilité limitée aux apports).
  • Bilan, comptabilité commerciale.
  • Régime fiscal : IR par défaut, option pour IS.

Le statut social du gérant

Le gérant unique d'EURL est :

  • TNS s'il est l'associé unique (cas le plus fréquent).
  • Cotisations SSI : ~ 35-45 % de la rémunération nette.
  • Accès aux contrats Madelin (santé, prévoyance, PER).

Le choix IR / IS

  • IR par défaut : le résultat est imposé chez le dirigeant au barème.
  • Option IS : le résultat est imposé à 15 % puis 25 %, le dirigeant ne paie l'IR que sur ce qu'il se verse.

L'option IS est généralement plus avantageuse au-delà de 50-60 k€ de bénéfice.

Les avantages

  • Déduction des frais professionnels.
  • Optimisation fiscale via Madelin et PER.
  • Protection patrimoniale.
  • Pas de plafond de CA.

La SASU : assimilé salarié et liberté statutaire

Le principe

La SASU est une SAS à associé unique :

  • Liberté statutaire totale.
  • Capital librement fixé.
  • Régime fiscal : IS par défaut, option IR possible 5 ans max.

Le statut social du président

Le président de SASU est assimilé salarié :

  • Cotisations au régime général (URSSAF) : ~ 75-80 % du salaire net.
  • Couverture sociale identique à un cadre (hors chômage).
  • Pas d'accès aux contrats Madelin (mais PER classique possible).

L'enjeu des dividendes en SASU

Avantage majeur de la SASU :

  • Dividendes soumis uniquement au PFU 31,4 % (sans cotisations sociales).
  • Permet une optimisation salaire / dividendes.

Les avantages

  • Souplesse statutaire (utile en cas d'ouverture future du capital).
  • Optimisation dividendes.
  • Couverture sociale complète (hors chômage).
  • Image sérieuse et adaptée aux grands clients.

Les inconvénients

  • Cotisations sociales lourdes sur le salaire.
  • Coût de gestion plus élevé (expert-comptable, formalités).

Le comparatif des cotisations

Pour 60 000 € de revenu net annuel

  • Micro (BNC services) : 21,2 % sur CA. Pour 60 000 € net, CA nécessaire ~ 76 200 €. Cotisations : ~ 16 200 €.
  • EURL TNS : ~ 41 % de la rémunération. Coût total ~ 84 600 € pour 60 000 € net.
  • SASU président : ~ 80 % du net. Coût total ~ 108 000 € pour 60 000 € net.

Pour 100 000 € de revenu net annuel

  • Micro : impossible (au-delà du plafond 77 700 € BNC).
  • EURL TNS : coût total ~ 141 000 €.
  • SASU président : coût total ~ 180 000 €.

L'effet de la couverture sociale

L'écart cotisations EURL / SASU se justifie partiellement par la différence de couverture :

  • SASU : retraite plus généreuse, IJ correctes, capital décès régime général.
  • EURL TNS : retraite moins favorable, IJ plafonnées, capital décès symbolique. À compléter par Madelin.

Le comparatif fiscal

Pour la micro

Pas de fiscalité société :

  • IR sur CA après abattement (34 % pour BNC services).
  • Versement libératoire 2,2 % du CA si éligible.
  • Aucune déduction de frais réels.

Pour l'EURL à l'IS

Fiscalité dual :

  • Société : IS 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %.
  • Dirigeant : IR sur sa rémunération, PFU 31,4 % sur dividendes (avec attention à la fraction au-delà de 10 % du capital, soumise aux cotisations TNS).

Pour la SASU à l'IS

  • Société : IS 15 % puis 25 %.
  • Dirigeant : IR sur salaire, PFU 31,4 % sur dividendes (sans cotisations).

L'arbitrage salaire / dividendes

Pour les structures à l'IS (EURL ou SASU), l'arbitrage entre salaire et dividendes est central. Voir notre article dédié à la rémunération optimale selon TMI.

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Les seuils et l'évolution

Quand sortir de la micro

  • CA approchant le plafond (typiquement 60-70 k€ pour BNC services).
  • Frais professionnels dépassant l'abattement de 34 % (BNC).
  • Besoin d'image plus professionnelle.
  • Volonté de capitaliser ou d'ouvrir le capital.

Quand passer de l'EURL à la SASU

  • Distributions dividendes importantes prévues.
  • Recherche d'une couverture sociale plus complète.
  • Préparation à une ouverture du capital ou levée.

Quand passer de la SASU à l'EURL

  • Volonté d'optimiser les charges sociales.
  • Activité stabilisée sans projet de levée.
  • Souhait de bénéficier des contrats Madelin.

Le coût des transformations

Une transformation de statut coûte typiquement 2 000-5 000 € (frais juridiques, formalités). À envisager dès la création du statut adapté à la trajectoire prévue.

Statut indépendant

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Deux cas pratiques chiffrés

Cas pratique nº 1 — Consultant en démarrage

Brieuc, 34 ans, consultant IT — projet de revenus 50 000 €/an la première année

Brieuc démarre une activité de consulting IT. Revenus prévisionnels 50 000 € la première année. Frais pro modérés (~ 8 000 €/an). Souhaite optimiser son démarrage.

Sa problématique : choisir entre micro, EURL et SASU pour un démarrage à 50 k€.

Revenus visés annuels50 000 € net
Micro (CA 65 k€) cotisations 21,2 %~ 13 800 €
Micro : versement libératoire IR 2,2 %~ 1 430 €
Micro : pas de frais pro déductiblesCoût frais pris en charge
EURL TNS : cotisations sociales~ 20 500 €
EURL : frais pro déductibles 8 k€Économie IR ~ 2 400 €
SASU : cotisations sociales~ 40 000 €
SASU : protection sociale supérieureAvantage qualitatif
Recommandation pour démarrage 50 k€Micro ou EURL

Pour Brieuc, la micro est la plus simple et la moins coûteuse à court terme, mais ne permet pas la déduction des 8 k€ de frais pros. L'EURL devient plus avantageuse dès que les frais pros dépassent 30-35 % du CA, ce qui est souvent le cas après stabilisation. Démarrer en micro pour tester puis basculer en EURL ou SASU à la croissance reste une stratégie courante. Cette structuration progressive se calibre avec un cabinet partenaire d'Atelier Capital.

Cas pratique nº 2 — Consultante établie à fort revenu

Maïwenn, 42 ans, consultante senior — revenus stabilisés 130 000 €/an

Maïwenn a stabilisé son activité à 130 000 €/an. Souhaite optimiser son statut : revenus en partie en salaire + en partie en dividendes.

Sa problématique : SASU vs EURL pour un profil à 130 k€ avec optimisation dividendes.

Bénéfice annuel après charges130 000 €
SASU : salaire 60 k€ + div 50 k€Optimisation possible
SASU : cotisations sur 60 k€~ 48 000 €
SASU : PFU 31,4 % sur 50 k€−15 700 €
SASU : net global cumulé~ 88 300 €
EURL : rémunération 100 k€ TNSCotisations ~ 41 k€
EURL : Madelin 18 k€/an déductibleÉconomie 7 380 €
EURL : net global après Madelin~ 96 380 €
Avantage net selon objectifEURL : épargne / SASU : trésorerie

Pour Maïwenn, l'EURL TNS optimise les charges sociales et permet la déduction Madelin (santé + prévoyance + PER). La SASU optimise les distributions courantes mais à charges sociales plus lourdes. Le bon choix dépend de la priorité : trésorerie immédiate (SASU) ou capitalisation longue (EURL avec Madelin/PER). Cette structuration multi-leviers se calibre avec un spécialiste sélectionné par Atelier Capital.

Les erreurs à éviter

Choisir la micro par défaut sans vérifier les frais pros : si frais > 35 % du CA, l'EURL est généralement plus avantageuse.
Confondre EURL et SASU sur les dividendes : EURL TNS pénalise au-delà de 10 % du capital.
Ignorer la couverture sociale : le statut SASU coûte plus cher mais protège mieux.
Choisir la SASU pour rester en salaire 100 % : sans optimisation dividendes, c'est inefficient.
Reporter le passage en société quand la micro plafonne : perte d'optimisations potentielles.

À retenir — Trois logiques distinctes

La micro convient au démarrage et aux activités simples (CA < 60-70 k€, peu de frais). L'EURL devient pertinente dès que les frais professionnels sont importants ou que les revenus dépassent 60 k€, avec accès au Madelin pour optimiser. La SASU est l'option pour les profils à fortes distributions (dividendes > 30-40 k€) ou pour préparer une ouverture du capital. Le statut idéal dépend du profil de revenus, de la stratégie de rémunération et de la trajectoire de croissance. Pour tout choix de statut, un échange avec un cabinet partenaire d'Atelier Capital permet de structurer la décision.

Conclusion : trois logiques distinctes

Les trois statuts répondent à des logiques différentes : simplicité plafonnée pour la micro, optimisation TNS et Madelin pour l'EURL, optimisation dividendes et protection sociale pour la SASU. Le bon choix dépend du profil, de la trajectoire et des priorités personnelles.

La méthode tient en quatre temps : évaluer les revenus prévisionnels à 1, 3 et 5 ans, identifier la stratégie de rémunération (salaire vs dividendes), simuler les trois scénarios avec un expert-comptable, choisir le statut en cohérence avec la trajectoire. Pour tout démarrage ou évolution, un échange avec un expert partenaire d'Atelier Capital structure le choix.

L'ESSENTIEL EN TROIS CHIFFRES 77 700 € le plafond micro BNC services en 2026 21,2 % les cotisations micro BNC sur le chiffre d'affaires ~ 35 pts l'écart cotisations EURL TNS vs SASU assimilé salarié
Trois repères-clés pour le choix de statut indépendant en 2026.

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Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre pédagogique et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal, ni une recommandation personnalisée. Le choix du statut juridique exige l'expertise d'un avocat et d'un expert-comptable. Consultez un cabinet partenaire d'Atelier Capital. Données et conditions en vigueur au moment de la publication (mai 2026).