Prévoyance TNS vs assimilé salarié : comparatif et lacunes

Protection sociale · Comparatif

Prévoyance TNS vs assimilé salarié : comparatif et lacunes

65,84 € par jour : c'est ce que verse au maximum la Sécurité sociale à un travailleur non salarié en arrêt maladie en 2026. Pour un dirigeant assimilé salarié, le plafond tombe désormais à 41,95 € depuis la réforme d'avril 2025. Les régimes de base sont structurellement insuffisants pour les deux statuts, mais selon des logiques radicalement différentes. Décryptage des lacunes réelles et stratégies pour les combler.

Publié le 2 mai 2026 Lecture 17 min Catégorie Protection sociale

Pour un dirigeant qui se rémunère 100 000 € par an, la perte de revenu mensuelle nette en cas d'arrêt maladie de longue durée dépasse 6 500 € si aucune prévoyance complémentaire n'a été souscrite. Les chiffres sont implacables : la Sécurité sociale plafonne à 1 975 € mensuels pour un TNS et à seulement 1 258 € pour un assimilé salarié depuis la réforme d'avril 2025. Cet écart est mécaniquement insuffisant pour absorber l'engagement financier d'un dirigeant — emprunt immobilier, train de vie, charges fixes professionnelles. La prévoyance n'est pas un confort accessoire, c'est l'outil structurel qui transforme une catastrophe potentielle en simple parenthèse économique. Décryptage des deux régimes, des lacunes spécifiques à chaque statut et des leviers à activer en 2026.

Les deux statuts en clair

Avant d'examiner les couvertures, rappelons rapidement la frontière entre les deux régimes. Le statut TNS (travailleur non salarié) concerne les gérants majoritaires de SARL/EURL, les entrepreneurs individuels, les professions libérales en exercice individuel ou en SELARL gérée majoritairement, ainsi que les conjoints collaborateurs déclarés. Ces dirigeants relèvent de la Sécurité sociale des indépendants (SSI), intégrée au régime général depuis 2018, et cotisent sur leur rémunération nette professionnelle.

Le statut assimilé salarié couvre les présidents de SAS et SASU, les gérants minoritaires ou égalitaires de SARL, les présidents de SA, et les dirigeants de SELAS. Ces dirigeants ne sont pas salariés au sens du droit du travail (pas d'allocations chômage notamment) mais cotisent au régime général de la Sécurité sociale exactement comme un salarié — avec des cotisations significativement plus élevées.

Les deux statuts diffèrent fondamentalement sur trois axes : le coût des cotisations sociales (environ 45 % du brut pour un TNS contre 80 % pour un assimilé salarié), l'étendue de la protection sociale obligatoire (plus large pour l'assimilé), et les options d'optimisation fiscale (loi Madelin pour le TNS, contrats collectifs « article 39 » pour l'assimilé). Pour un dirigeant en phase de structuration, le choix du statut ne peut pas se faire sans analyse intégrée des trois dimensions.

Les indemnités journalières : un fossé qui s'élargit

L'arrêt maladie est le risque le plus fréquent et le plus immédiatement coûteux. C'est aussi celui où l'écart entre les régimes obligatoires des deux statuts se creuse le plus depuis 2025.

Le régime de base TNS

Pour un TNS affilié à la SSI depuis au moins 12 mois, à jour de ses cotisations et avec un revenu annuel moyen sur les 3 dernières années dépassant 10 % du PASS (4 806 € en 2026), l'indemnité journalière maladie correspond à 1/730e du revenu annuel moyen, plafonné au PASS 2026 (48 060 €). En pratique, l'IJ maximale s'élève à 65,84 € par jour brut en 2026 selon les données de l'Assurance maladie, soit environ 1 975 € par mois sur 30 jours d'arrêt. Les IJ sont versées à partir du 4e jour d'arrêt (3 jours de carence) et jusqu'à 360 jours sur une période de 3 ans pour un même arrêt. Pour les professions libérales rattachées à la CNAVPL, l'IJ peut atteindre 197,51 € par jour (3 fois le PASS), mais limitée à 90 jours, après lesquels les caisses spécifiques prennent le relais selon les règles propres à chaque profession.

Le régime de base assimilé salarié

Le régime de base de l'assimilé salarié a été significativement dégradé par le décret du 20 février 2025, en vigueur depuis le 1er avril 2025. Le plafond de salaire pris en compte pour le calcul des IJ est passé de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC. Concrètement, pour les arrêts maladie débutant à compter de février 2026, l'IJ maximale a été ramenée à 41,95 € par jour brut, soit environ 1 258 € par mois. Cette réforme a un impact majeur sur les dirigeants assimilés à hauts revenus, dont la perte effective devient nettement supérieure à ce qu'elle était avant 2025.

Le parcours d'indemnisation maladie sur 360 jours Plafonds Sécurité sociale 2026 selon le statut du dirigeant TNS Plafond 65,84 €/jour · ≈ 1 975 €/mois 3 j IJ versées jusqu'à 360 jours Assimilé salarié Plafond 41,95 €/jour · ≈ 1 258 €/mois 3 j IJ versées jusqu'à 360 jours J0 120 jours 240 jours 360 jours Carence : 3 jours non indemnisés
Timeline d'indemnisation maladie sur 360 jours pour les deux statuts — sources : Code de la Sécurité sociale, décret du 20 février 2025.

Le différentiel net pour un haut revenu

Pour un dirigeant qui se rémunère 8 000 € net par mois (96 000 € annuels) en arrêt maladie de 6 mois, la perte de revenu réelle est massive. Sur 6 mois, le revenu attendu est de 48 000 € net. Pour un TNS, les IJ versées (après les 3 jours de carence) atteignent environ 11 850 € sur la période. Pour un assimilé salarié, ce montant tombe à environ 7 550 €. Dans les deux cas, le manque à gagner dépasse 80 % du revenu attendu — une situation économique intenable au-delà de quelques semaines pour la quasi-totalité des dirigeants de PME.

Cette réalité justifie à elle seule une prévoyance complémentaire dimensionnée sur le revenu réel. Sans cette couche complémentaire, l'arrêt prolongé devient un risque économique systémique pour le foyer, indépendamment du patrimoine accumulé.

L'invalidité : où le TNS est encore plus exposé

Si l'arrêt maladie temporaire reste un risque gérable avec un peu d'épargne de précaution, l'invalidité durable est un risque d'une autre nature. Elle peut survenir suite à un accident, une maladie longue ou un burn-out qui empêche définitivement ou partiellement le retour à l'activité. Et c'est là que les régimes obligatoires montrent leurs lacunes les plus profondes.

L'invalidité du TNS

Un TNS qui devient invalide bénéficie d'une pension d'invalidité versée par la SSI, dont le montant est calculé sur la base des cotisations versées au cours d'une période de référence. La pension est plafonnée à 50 % du PASS pour une invalidité totale, soit environ 2 003 € par mois en 2026. Pour un dirigeant qui se rémunérait 8 000 € net mensuels, cela représente 25 % de son revenu antérieur — niveau insuffisant pour maintenir le train de vie d'un foyer avec engagements de crédit.

Plus problématique encore : la définition même de l'invalidité retenue par la SSI est restrictive. Elle exige généralement une incapacité de travail dans toute profession, ce qui ne correspond pas à la réalité d'un chef d'entreprise dont la valeur ajoutée est précisément liée à son activité spécifique. Un dirigeant atteint d'une pathologie l'empêchant d'exercer son métier sans l'empêcher d'avoir une activité subalterne ne sera souvent pas reconnu en invalidité totale par la SSI.

L'invalidité de l'assimilé salarié

Du côté du régime général, le calcul de la pension d'invalidité est légèrement plus favorable. L'invalidité partielle (catégorie 1) donne droit à 30 % du salaire de référence ; l'invalidité totale (catégorie 2) à 50 % ; l'invalidité avec besoin d'assistance permanente (catégorie 3) à 50 % majorés d'une majoration tierce personne de 1 318 € par mois en 2026. Mais le salaire de référence reste plafonné au PASS, soit un maximum théorique de 2 003 € pour la catégorie 2.

Les définitions sont ici aussi restrictives. La catégorie 2, statistiquement la plus fréquente, est attribuée lorsque le salarié est incapable d'exercer une activité quelconque procurant un revenu. Pour un dirigeant qui se voit retirer la capacité d'exercer son métier mais conserve une capacité résiduelle dans d'autres domaines, le classement en catégorie 1 est probable — avec une rente sensiblement plus faible. L'écart entre les promesses du système et la réalité de l'indemnisation peut atteindre plusieurs milliers d'euros par mois.

Le décès : une couverture inégale

Le risque décès est statistiquement le moins fréquent mais aussi celui qui frappe le plus durement les proches lorsqu'il survient. Les régimes obligatoires offrent ici une couverture symbolique pour les deux statuts.

Le capital décès TNS

Pour un TNS qui décède en activité, la SSI verse un capital forfaitaire à ses ayants droit. En 2026, ce capital s'établit à 9 612 € (20 % du PASS) en cas de décès en activité, plus 3 845 € (8 % du PASS) par enfant à charge. Ces montants sont notoirement insuffisants : ils couvrent à peine les frais d'obsèques et n'apportent aucun soutien réel à la transition économique du foyer.

Le capital décès assimilé salarié

Pour un assimilé salarié, le capital décès du régime général est encore plus modeste : 3 985 € en 2026 (forfait fixe), soit moins que pour un TNS. Cette particularité contre-intuitive — le statut assimilé salarié, plus coûteux en cotisations, offre une couverture décès plus faible — est rarement explicitée par les conseils de structuration.

Pour un dirigeant ayant un emprunt immobilier de 400 000 € en cours, des enfants à charge et une rémunération significative, la couverture décès du régime de base couvre moins de 3 % du préjudice économique pour ses proches. La souscription d'une assurance décès complémentaire n'est donc pas un confort, mais une obligation morale et économique pour tout dirigeant ayant des ayants droit.

Matrice des couvertures obligatoires en 2026 Plafonds maximums versés par la Sécurité sociale Risque TNS Assimilé salarié Arrêt maladie par jour 65,84 € jusqu'à 360 j 41,95 € jusqu'à 360 j Invalidité totale par mois ≈ 2 003 € 50 % du PASS ≈ 2 003 € catégorie 2 Capital décès forfaitaire 9 612 € + 3 845 €/enfant 3 985 € forfait fixe Délai de carence arrêt maladie 3 jours non indemnisés 3 jours non indemnisés Les pensions invalidité sont plafonnées au PASS dans les deux régimes
Matrice de comparaison des couvertures obligatoires entre TNS et assimilé salarié pour les principaux risques en 2026.
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La retraite : différentiel structurel

La couverture retraite est le quatrième volet de la protection sociale, et celui où l'écart entre les deux statuts est le plus structurel. À cotisation égale, l'assimilé salarié bénéficie historiquement d'une retraite plus généreuse que le TNS, en raison du fonctionnement différent des régimes complémentaires.

La retraite TNS

Un TNS cotise à la SSI pour la retraite de base et à un régime complémentaire spécifique selon sa profession (RCI pour les artisans-commerçants, CNAVPL pour les professions libérales puis caisses spécialisées par métier). Les taux de cotisation cumulés représentent environ 17,75 % du revenu professionnel net dans le cas standard, bien moins que le salarié. La contrepartie est un niveau de pension finale typiquement inférieur de 30 à 50 % à celui d'un assimilé salarié à rémunération équivalente.

La retraite de l'assimilé salarié

L'assimilé salarié cotise à la fois à la CNAV (retraite de base du régime général) et à l'AGIRC-ARRCO (retraite complémentaire des cadres et non-cadres). Les cotisations cumulées sont nettement plus élevées (environ 28-32 % du brut, charges patronales et salariales confondues), mais la pension de remplacement est globalement plus favorable, surtout pour les rémunérations dépassant le PASS. Pour un dirigeant ayant cotisé 25 ans à hauteur du PASS, le différentiel cumulé sur l'espérance de retraite peut atteindre 200 000 à 400 000 € net en faveur du statut assimilé.

Cette réalité justifie pour les TNS à hauts revenus la souscription d'un PER (Plan d'Épargne Retraite) et l'optimisation de la déduction fiscale Madelin, pour combler structurellement la lacune retraite. Sans ce dispositif, le delta retraite TNS-assimilé devient un facteur déterminant dans la décision de structuration juridique.

Cas pratiques chiffrés

Cas 1 — Pierre, gérant majoritaire SARL en TNS, 80 000 € de rémunération

Pierre, 44 ans, gérant majoritaire d'une SARL de conseil informatique, se rémunère 80 000 € net annuels. Il dispose d'un emprunt immobilier en cours (mensualité 2 100 €), un train de vie familial mensuel de 5 200 €, et deux enfants à charge. Il subit un arrêt maladie de 6 mois suite à un accident de la route.

Pierre · Bilan financier de l'arrêt sur 6 mois
Revenu attendu sur 6 mois40 000 €
IJ SSI versées (177 jours × 65,84 €)≈ 11 654 €
Charges fixes incompressibles 6 mois43 800 €
Manque à gagner net≈ 32 146 €
Avec prévoyance Madelin (IJ 80 % du revenu)≈ 26 670 € versés en plus
Manque à gagner résiduel avec prévoyance≈ 5 476 €

Sans prévoyance complémentaire, Pierre doit puiser plus de 32 000 € dans son épargne pour traverser l'arrêt sans déprécier son train de vie. Avec une prévoyance Madelin dimensionnée à 80 % de son revenu, il ne supporte que 5 500 € de manque à gagner. Le coût annuel d'une telle prévoyance — environ 3 200 € avec déduction fiscale Madelin — représente moins de 4 % de son revenu, pour une protection qui transforme un risque catastrophique en simple gêne. Le rapport coût/bénéfice rend la souscription quasi-systématique pour ce profil.

Cas 2 — Mathilde, présidente SAS en assimilée salariée, 110 000 € de rémunération

Mathilde, 38 ans, préside une SAS éditoriale qu'elle a créée. Elle se rémunère 110 000 € net annuels. Trois enfants, partenaire de PACS sans activité salariée. Elle développe une pathologie chronique qui la rend inapte à exercer sa fonction et la fait basculer en invalidité catégorie 2 du régime général.

La pension de base de la CNAV plafonne à environ 2 003 € par mois. Sa rémunération antérieure de 9 167 € net mensuel n'est plus que partiellement remplacée à hauteur de 22 %. Sans prévoyance complémentaire, le manque à gagner annuel s'élève à plus de 86 000 €, soit l'équivalent du double train de vie de la famille. Dans ce contexte, l'absence de prévoyance dimensionnée transformerait l'invalidité en double drame, médical et économique.

Avec une prévoyance prévoyance dimensionnée à 75 % du revenu en cas d'invalidité, Mathilde percevrait environ 6 875 € mensuels supplémentaires de la part de l'assureur, soit une indemnisation totale d'environ 8 878 € — proche de son revenu antérieur. Le coût annuel d'une telle couverture tourne autour de 4 800 €, soit 4,4 % de son revenu. Dans ce cas, l'arbitrage économique est sans appel.

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Combler les lacunes : les leviers concrets

Une fois le diagnostic posé, plusieurs leviers permettent de compléter la protection sociale obligatoire pour les deux statuts. Les solutions varient selon le statut, mais la logique reste similaire : ajouter une couche de prévoyance privée, optimiser sa fiscalité, dimensionner les garanties sur la réalité du revenu et du patrimoine.

L'architecture d'une protection complète Trois couches complémentaires pour combler les lacunes des régimes obligatoires SOCLE OBLIGATOIRE SSI (TNS) ou régime général (assimilé) Couvre 25-35 % du revenu COUCHE COMPLÉMENTAIRE Prévoyance Madelin / contrat collectif + 50-60 % du revenu COUCHE STRATÉGIQUE Capital décès, assurance homme-clé, prévoyance dirigeant
Architecture en trois couches d'une protection sociale dimensionnée pour un dirigeant ou un indépendant.

Pour un TNS : la prévoyance Madelin

La loi Madelin de 1994, codifiée à l'article 154 bis du CGI, permet aux TNS de déduire fiscalement les cotisations versées à un contrat de prévoyance complémentaire dans la limite d'un plafond calculé sur le revenu professionnel. Pour 2026, la déduction maximale s'établit à 3,75 % du PASS (1 802 €) majorée de 7 % du revenu professionnel dans la limite de 8 PASS, plafonnée globalement à 3 % de 8 PASS. Un TNS à 80 000 € de revenu peut ainsi déduire environ 7 400 € de cotisations annuelles, ce qui couvre largement une protection complète (IJ + invalidité + décès).

L'avantage fiscal effectif dépend de la TMI : à TMI 41 %, l'État finance 41 % de la cotisation via la déduction. Concrètement, une cotisation annuelle de 4 000 € coûte 2 360 € net après économie d'IR. Le coût réel d'une protection bien dimensionnée se situe ainsi entre 2 % et 4 % du revenu net pour un TNS — investissement marginal au regard du risque couvert.

Pour un assimilé salarié : les contrats collectifs

L'assimilé salarié peut souscrire un contrat collectif de prévoyance via sa société. Les cotisations sont alors déductibles du résultat imposable de l'entreprise (charge sociale et fiscale optimisée). La rente versée au dirigeant est imposable à l'IR mais bénéficie d'un régime fiscal généralement plus favorable que les indemnités de la Sécurité sociale qui s'ajoutent au revenu d'activité. Pour les SAS/SASU, ce schéma collectif est devenu un standard de structuration.

Le décès : capital et rente éducation

Les contrats décès complémentaires couvrent deux dimensions : un capital décès versé aux ayants droit, dimensionné typiquement à 5 fois le revenu annuel net (soit 400 000 à 600 000 € pour un dirigeant de PME), et une rente éducation versée aux enfants jusqu'à leurs études supérieures (généralement jusqu'à 25 ans, 800-1 500 € par mois selon les contrats). Ces deux briques sécurisent la transition économique du foyer en cas de décès du dirigeant et permettent souvent de rembourser un emprunt immobilier ou de poursuivre la scolarité des enfants sans rupture.

Loi Madelin et fiscalité de la prévoyance

La compréhension des mécanismes fiscaux est centrale pour optimiser une stratégie de prévoyance. Trois principes structurent l'arbitrage entre prévoyance Madelin et prévoyance non-Madelin pour un TNS.

Cotisations : déductibles ou non

Les cotisations d'un contrat Madelin sont déductibles du revenu professionnel imposable, ce qui réduit immédiatement la base d'imposition. À l'inverse, les cotisations d'un contrat non-Madelin (souscrit à titre privé, hors cadre Madelin) ne sont pas déductibles. Pour un TNS à TMI élevée, le différentiel d'effort net peut atteindre 30 à 45 % de la cotisation brute.

Indemnités versées : imposables ou non

Le revers : les indemnités versées par un contrat Madelin (IJ, rentes invalidité) sont imposables à l'IR comme des revenus professionnels. Les indemnités d'un contrat non-Madelin sont en revanche exonérées d'impôt. La logique générale est claire : « cotisations déductibles, indemnités imposables » contre « cotisations non déductibles, indemnités exonérées ».

Quelle option choisir

Pour la quasi-totalité des TNS à TMI 30 % et plus, la prévoyance Madelin reste plus avantageuse mathématiquement, parce que la phase de cotisation s'étale sur de nombreuses années alors que les indemnités, lorsqu'elles surviennent, ne sont versées que ponctuellement. L'effet capitalisation joue en faveur de la déductibilité immédiate. Pour les TNS à TMI 11 % ou non imposables, l'arbitrage devient moins évident, et un contrat non-Madelin peut être plus rentable. Cet arbitrage technique justifie la consultation d'un cabinet partenaire avant souscription.

Pré-checklist avant souscription

Avant toute souscription d'un contrat de prévoyance, sept questions structurent la réflexion.

  1. Mes charges fixes mensuelles incompressibles sont-elles couvertes en cas d'arrêt maladie de 6 mois sans nouvelles entrées ?
  2. Mes IJ obligatoires couvrent-elles au moins 80 % de mon revenu réel après les 3 jours de carence ?
  3. Mon capital décès complémentaire permet-il de rembourser intégralement mes emprunts en cours ?
  4. Le délai de carence du contrat (généralement 3 à 90 jours) est-il cohérent avec ma trésorerie disponible ?
  5. Les exclusions du contrat (sports à risque, affections préexistantes, burn-out) sont-elles documentées et acceptables ?
  6. L'assureur a-t-il un historique solide dans la prévoyance dirigeant et indépendant ?
  7. Ai-je optimisé la déductibilité Madelin ou la fiscalité collective selon mon statut ?
L'essentiel en trois repères 65,84 € par jour maximum IJ TNS plafond 2026 ≈ 1 975 € par mois 41,95 € par jour maximum IJ assimilé plafond 2026 après réforme avril 2025 75-80 % de couverture cible Avec prévoyance complète indispensable haut revenu
Trois repères clés pour structurer une protection sociale d'un dirigeant ou d'un indépendant en 2026.

Conclusion : la prévoyance, premier acte de structuration patrimoniale

L'écart entre les régimes obligatoires TNS et assimilé salarié n'est pas anecdotique : il représente un risque économique de plusieurs dizaines de milliers d'euros par an pour tout dirigeant à hauts revenus. La réforme du 20 février 2025, qui a abaissé le plafond IJ des assimilés salariés de 1,8 à 1,4 SMIC, a renforcé la nécessité d'une couverture complémentaire pour ce statut, traditionnellement perçu comme mieux protégé. Aujourd'hui, ni le TNS ni l'assimilé salarié ne peuvent considérer leur seule couverture obligatoire comme suffisante au-delà d'un revenu de 50 000 à 60 000 € annuels.

La prévoyance complémentaire est probablement le premier acte de structuration patrimoniale d'un dirigeant ou d'un indépendant à hauts revenus, avant même l'optimisation fiscale ou la stratégie d'investissement. Sans cette base, tout l'édifice patrimonial est exposé : un seul arrêt prolongé, une seule invalidité durable, un seul décès non préparé peut éroder en quelques mois ce que la décennie précédente avait permis de constituer.

Le bon dimensionnement de la couverture suppose une analyse des charges fixes, des engagements de crédit, du niveau de revenu, du nombre d'ayants droit et des objectifs patrimoniaux. C'est précisément ce diagnostic qu'un cabinet partenaire d'Atelier Capital conduit en quelques heures, avec une coordination expert-comptable et notaire pour optimiser à la fois la protection et la fiscalité. La différence entre une prévoyance par défaut souscrite chez sa banque et une prévoyance dimensionnée se chiffre, sur l'ensemble d'une carrière de dirigeant, en plusieurs centaines de milliers d'euros — et parfois bien davantage en cas de sinistre majeur.

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Cet article a une vocation strictement informative. Les chiffres et taux mentionnés sont à jour à la date de publication et peuvent évoluer en fonction des décisions législatives ou réglementaires ultérieures, ainsi que des évolutions des conventions collectives et contrats. Les exemples chiffrés sont des simulations à but pédagogique et ne constituent en aucun cas un conseil personnalisé en investissement, en fiscalité, en protection sociale ou en gestion de patrimoine. Toute décision concernant la prévoyance d'un dirigeant ou d'un indépendant doit faire l'objet d'une analyse personnalisée auprès d'un professionnel qualifié et d'un courtier en assurance. Données et taux en vigueur au moment de la publication, plafonds Sécurité sociale 2026 (PASS 48 060 €).